Les artisans du massage

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Isabelle Trombert - La vérité sur le métier de masseur : ce que personne ne vous dit

Le métier de masseur est en pleine transformation

Longtemps associé au simple bien-être ou à la détente ponctuelle, le métier s’oriente aujourd’hui vers une approche beaucoup plus globale, où le praticien accompagne la personne dans sa santé, son équilibre et son évolution.

Dans cet article, Les Artisans du Massage a eu le plaisir d’accueillir Isabelle Trombert, fondatrice de l’école L’ETIS, afin d’échanger sur les défis de la profession, l’importance d’une formation exigeante et les réalités de l’entrepreneuriat dans le massage.

Une conversation passionnante qui rappelle que le massage est bien plus qu’une succession de techniques.

Le massage ne s'invente pas mais il évolue

Dès le début de notre échange, Isabelle Trombert rappelle une évidence souvent oubliée : le massage existe depuis des millénaires.

L’objectif n’est donc pas de réinventer une pratique ancestrale, mais de la faire évoluer en s’appuyant sur les connaissances actuelles du corps humain et de l’accompagnement.

C’est dans cette démarche qu’elle a développé sa propre méthode : L’ETIS (Libération Émotionnelle des Tensions par l’Intégration du Souffle).

Cette approche repose sur une vision profondément holistique de la personne.

Ainsi, le massage y est enrichi par plusieurs disciplines complémentaires comme :

  • l’aromathérapie ;
  • la somatothérapie ;
  • la fasciathérapie ;
  • l’orthobionomie.

L’objectif est simple : ne plus considérer uniquement le corps, mais également les émotions, la respiration et le vécu de chaque individu.

Une formation qui va bien au-delà des techniques de massage

Pour Isabelle Trombert, apprendre un protocole ne suffit pas à devenir un bon praticien.

C’est pourquoin l’une des particularités de l’école L’ETIS est d’intégrer quinze jours d’anatomie palpatoire dans son cursus d’une année complète.

Cette discipline permet d’apprendre à reconnaître, sous les mains, les différentes structures anatomiques et leurs interactions.

Cette connaissance apporte une tout autre qualité de toucher.

Ainsi, le praticien ne reproduit plus simplement des mouvements : il comprend ce qu’il ressent, adapte son geste et personnalise réellement son accompagnement.

Les attentes des clients ont profondément changé

Le massage de détente occasionnel conserve évidemment toute sa place.

Mais les besoins évoluent.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes recherchent un accompagnement sur plusieurs séances afin de travailler sur :

  • leurs tensions chroniques ;
  • leur posture ;
  • leur fatigue émotionnelle ;
  • leur équilibre général.

De ce fait, le masseur devient progressivement un acteur de la prévention santé.

Son rôle n’est pas de traiter une maladie — ce qui relève du domaine médical — mais d’aider la personne à retrouver un meilleur fonctionnement corporel avant que les douleurs ne s’installent durablement.

L'importance d'une véritable méthodologie

Le massage est souvent présenté comme un art intuitif.

Si l’intuition possède effectivement une place importante, Isabelle insiste sur un point essentiel : elle ne remplace jamais les connaissances.

C’est pourquoi, chaque séance commence par une observation.

Le praticien recueille des informations grâce à l’échange avec son client, puis grâce à la palpation.

Il analyse les compensations du corps, les déséquilibres musculaires, la posture et adapte son protocole au fil de la séance.

C’est grâce à cette capacité d’analyse qui fait toute la différence entre un massage standardisé et un accompagnement véritablement personnalisé.

Une profession encore trop peu encadrée

L’un des sujets majeurs de cet entretien concerne la réglementation du métier.

En effet, à l’heure d’aujourd’hui, la profession de masseur reste insuffisamment encadrée en France.

Cette situation entraîne une grande disparité dans la qualité des formations proposées.

Certaines formations très courtes permettent d’apprendre quelques protocoles en quelques jours seulement, sans véritable enseignement sur :

  • l’anatomie ;
  • la physiologie ;
  • les pathologies ;
  • l’hygiène ;
  • la déontologie ;
  • la relation avec le client ;
  • les limites du massage.

Pour Isabelle Trombert, ces fondamentaux sont indispensables afin d’exercer de manière responsable.

C’est pourquoi, la FFMBE (Fédération Française de Massages Bien-Être) œuvre d’ailleurs depuis plusieurs années à la création d’un socle commun de compétences afin de professionnaliser davantage le secteur.

La massothérapie attire désormais d'autres professionnels de santé

Autre évolution intéressante : de plus en plus d’ostéopathes, de kinésithérapeutes ou d’autres professionnels du soin viennent compléter leur pratique grâce à des formations en massage.

Cette tendance illustre une réalité : aucune discipline ne peut répondre seule à tous les besoins.

La complémentarité entre les différentes approches constitue souvent la meilleure réponse pour accompagner une personne dans sa globalité.

Entreprendre dans le massage : une aventure exigeante

Créer son activité ne consiste pas uniquement à savoir masser.

Isabelle Trombert connaît bien cette réalité puisqu’elle a elle-même construit son école à partir d’un besoin qu’elle avait identifié.

En effet, à ses débuts, elle peinait à trouver des formations suffisamment complètes et professionnelles.

Elle a également su saisir une opportunité en développant une activité spécialisée dans le massage après-ski, avant de créer progressivement son propre centre de formation.

Son parcours rappelle qu’un entrepreneur doit apprendre bien plus que son métier.

Un praticien indépendant doit aussi savoir :

  • communiquer ;
  • développer sa clientèle ;
  • fixer des tarifs cohérents ;
  • gérer son entreprise ;
  • administrer son activité ;
  • entretenir son équilibre personnel.

C’est pourquoi, l’excellence technique ne garantit pas, à elle seule, la réussite d’une activité.

Le salariat n'est pas un échec

Dans un secteur où l’entrepreneuriat est souvent valorisé, Isabelle apporte un regard particulièrement intéressant.

Selon elle, exercer comme salarié n’a rien d’un échec.

Au contraire, travailler dans un établissement reconnu permet souvent d’acquérir une solide expérience, de perfectionner sa pratique et d’évoluer sereinement avant, éventuellement, de créer son entreprise.

Aussi, chaque parcours est différent.

L’essentiel est de choisir celui qui correspond réellement à sa personnalité.

Quelle place pour l'intuition ?

L’intuition occupe une place particulière dans le massage.

Ainsi, avec l’expérience, le praticien développe une perception très fine des tensions, des réactions du corps et parfois même de l’état émotionnel de la personne.

Mais cette intuition doit toujours rester accompagnée d’humilité et d’esprit critique.

Elle ne remplace jamais les connaissances anatomiques ni le raisonnement professionnel.

En conclusion, c’est l’équilibre entre savoir, expérience et ressenti qui permet d’offrir un accompagnement de qualité.

Une définition très personnelle du bien-être

En fin d’entretien, nous avons posé à Isabelle une question simple : « Pour vous, qu’est-ce que le bien-être ? »

Sa réponse fait sourire : « Un fondant au chocolat»

Une manière de rappeler que le bien-être ne se résume pas toujours à des concepts complexes. Il peut aussi se trouver dans les plaisirs simples du quotidien.

Faire évoluer le métier ensemble

Cet échange avec Isabelle Trombert montre à quel point le massage professionnel est un métier riche, exigeant et en constante évolution. Être masseur aujourd’hui demande bien plus que la maîtrise de quelques protocoles. Il faut comprendre le corps, savoir écouter, continuer à se former, développer son entreprise et travailler en réseau avec d’autres professionnels.

C’est cette vision exigeante et profondément humaine qui permettra au massage de gagner encore en reconnaissance dans les années à venir.

Aussi, chez Les Artisans du Massage, nous partageons cette conviction : transmettre, apprendre et faire évoluer nos pratiques est la meilleure façon de faire grandir notre profession, au bénéfice des praticiens comme des personnes que nous accompagnons

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